« Le lit et tous les secrets qu’il a de la femme, la chemise et ses indiscrétions, les effarements du réveil, les culbutes des courtes-pointes, la surprise qui renverse les têtes, les cache derrière le charmant mouvement du bras levé, les peurs qui courent à demi nues, ce premier sursaut de si jolie impudeur mettant sur pied une chambrée de femmes, le vent qui joue, le linge qui fuit, un visage qui se voile, un dos qui se montre tout du long, – comme Fragonard touche cela!  »

Edmond et Jules de Goncourt, L’Art du XVIIIe siècle, Charpentier, 1881-1882, tome 3

« Les filles de Lesbos dorment entrelacées,

Comme deux jeunes fleurs sur un même rameau ;

Elles dorment ! Leur sein éblouissant et beau,

Se gonfle au souvenir de leurs folles pensées.

D’un mutuel amour leurs lèvres caressées

Semblent prêtes encor pour un baiser nouveau ;

Et demain dans ce lit, voluptueux tombeau,

Le plaisir rouvrira leurs corolles lassées.

Leur corps n’est entouré d’aucun voile jaloux ;

J’écoute soupirer leur souffle, et je me penche

Pour mieux voir les contours de leur nudité blanche. […]  »

Henri Cantel – Les tribades (1859)

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