La sieste

Pas un seul bruit d’insecte ou d’abeille en maraude
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise un jour pareil
Au velours sombre et doux des mousses d’émeraude
Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde
Et sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil
De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil
Qui s’allonge et se croise à travers l’ombre chaude.
Vers la gaze de feu que trament les rayons
Vole le frêle essaim des riches papillons
Qu’enivrent la lumière et le parfum des sèves
Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil
Et dans les mailles d’or de ce filet subtil
Chasseur harmonieux, j’emprisonne mes rêves.

José Maria De Hereidia

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(Lucien Grangerard "Le repos")

 
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